LA VIE

July 3, 2019

L’art de re-naître de ces cendres – j’ai fait un burnout.

J’ai fait un burn-out. Non diagnostiqué. Non revendiqué. Je trouve le terme encore gênant et pourtant j’en suis sure : j’ai fait un burn-out. J’ai cru que je passerai à travers, que je m’en sortirais haut la main : Magna Cum Laude de ma propre experience de vie. Mais je me suis prise une claque et je ne me suis pas relevée tout de suite.

On s’habitue au pied d’estale. Après m’être hissée comme j’ai pu, avec abnegation et pugnacité, j’ai continué à tracer ma route sans que rien ne se mette en travers du succès. Ma maman me surnomme « Le Bulldozer ». Je ne m’arrête pour rien ni personne : pas après avoir changé de vie. Pas après avoir changé de pays. Pas après avoir eu un enfant. Pas après avoir abandonné l’ombre pour la proie, sans que ça me rende heureuse. Mais j’ai fini par flancher sous le poids de mes propres attentes. J’ai arrêté de dormir. J’ai arrêté de manger. Je me suis repliée sur moi même, dans mon cocon solitaire, en pleine désillusion.

Le plus dur quand on est déterminée et solitaire, est encore de demander de l’aide. C’est dans les larmes et le chaos que j’ai fini par faire taire mon égo et lui ordonner d’aller se reposer, tout au fond de la couette. De la sur-sollicitation j’ai créé le néant. Je me suis retirée de toute responsabilité. J’ai accepté de redevenir enfant, sans obligations, sans plan de carrière, sans tergiversations. Tout en continuant ma prise de poste. Tout en continuant à être maman. Mais j’ai fait le tri dans mes priorités. Une à la fois. Du temps pour moi. S’éloigner quand je sent que mes mains se mettent à trembler. Laisser papa gérer les couches, les repas, les allers retours à la crèche, les médecins, les vacances, les factures, le mariage, l’appartement, pendant que je m’occupe de tenir le cap au travail et de m’effondrer en rentrant, épuisée par un rien, effrayée par tout.

J’ai mis plusieurs mois à panser mes blessures. Quand on broie du noir on oublie souvent que la lumière se trouve au bout du tunnel. Qu’on ne s’y téléporte pas. Qu’il faut se remettre en route. Grâce au temps que Loic m’a donné, j’ai pu retrouver les plaisirs d’une nuit non interrompue, et me réveiller sereine et reposée. Le matin j’ai pu reprendre des habitudes, construire de nouveaux rituels : couper mes oranges, les presser, m’installer dans le canapé pour petit déjeuner pendant le café infuse. J’ai pu finir mes réunions le soir sans avoir à me précipiter dans le premier train pour récupérer ma fille. Je me suis remise à lire, à faire du sport, à flâner. J’ai doucement mais surement repris du poil de la bête. J’ai arrêté de bailler. J’ai arrêté de pleurer. J’ai repris un à un les rôles qui m’avaient fait couler, mais en mettant des gardes-fous. En me promettant de rester alerte à mes propres envies et à mes besoins. De suivre les conseils d’Amavi (ironiquement).

Ah mais oui, Amavi. Presqu’un an que le site sommeille en attendant que je me refasse une santé. J’avais fait une tentative il y a quelques mois, mais je n’avais pu qu’exprimer mon malaise. J’étais encore dans le coeur du cyclone et une reprise aurait été précipitée. Aujourd’hui c’est différent, je vous écris ces mots avec beaucoup de recul et de sérénité. Aujourd’hui j’ai retrouvé mes mots de passe, je me suis remise à taper furieusement sur le clavier, parce que ce site je ne l’ai jamais oublié. J’ai beaucoup appris ces 10 derniers mois, j’ai énormément à transmettre à de futures mamans, à des business women en devenir, à des nanas qui souhaite échanger sur leur quotidien, leur role de femme, sur la société, la sexualité et tant d’autres sujets qui nous touchent toutes au jour le jour. Je souhaite pousser au maximum le côté communautaire de ce site. Je pense que nous avons tout à gagner à se serrer les coudes entre nanas en ce moment. Vivons cette aventure digitale ensemble et qui sait, demain rencontrons nous. Vous êtes partantes? Parce que je suis plus que motivée.

Stay tuned, comme ils disent.

x M

 

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