COIN DES ORATEURS

September 21, 2018

CDO – L’art d’apprécier nos différences


 

Oratrice: Marine Lazarus

 


 

Je suis dans le métro. Autour de moi, une femme et 4 hommes. Un nez légèrement bossu. Une peau noire comme la nuit. Des yeux d’un bleu éclatant. Des formes généreuses. Des rides prononcées. Je les trouve si beaux.

D’accord ils font la gueule. Tout le monde fait la gueule dans le métro. Tout le monde est un peu étrange dans le métro.

Je les observe du coin de l’œil parce que leurs différences me fascinent. J’aimerai écrire un poème sur leurs singularités. Je leur imagine une vie, un passé. Et puis je me demande si ils sont francs ou effacés. Je me demande à quoi ils pensent quand ils se voient dans le miroir. Sont ils fièrent de leurs différences? Regrettent-ils leurs marques distinctives.

J’ai longtemps pris le métro tête baissée, pour ne pas avoir à échanger, pour ne pas me confronter aux autres, par crainte que nos regards se croisent. Aujourd’hui j’ai la tête haute et le regard bienveillant.

Mes pensées se perdent. Je fais le parallèle avec le rapport que j’entretiens avec mon propre corps, ma propre image. Elevée dans l’idée que rien ne vaut la perfection, j’ai eu beaucoup de mal à m’accepter à l’adolescence. Comme beaucoup de filles confrontées à l’image retravaillée des magazines de mode, je me disais que je ne serais jamais à la hauteur, jamais aimée, et qu’il fallait tout refaire de bout en bout.

Je suis devenue une femme criblée de doutes, à me regarder dans chaque miroir, à porter deux fois un appareil dentaire, à dépenser des fortunes chez le coiffeur. Je suis passée par tous les styles, qu’ils soient capillaires ou vestimentaires.

Et puis j’ai eu Alma. Une grossesse compliquée où j’ai perdue près de 10kg. Mon ventre ne s’est vraiment arrondi que dans les deux derniers mois et tout le monde me couvrait de compliments sur ma silhouette. Mais j’étais malade. J’en suis venue à me demander comment nous en étions arriver à porter aux nues une telle minceur. Et puis à la naissance, un déclic un peu bête : je suis moi. Je suis femme. Je suis mère. Je n’ai rien à prouver. Le dépassement de soi sera toujours un trait marquant de ma personnalité mais il est temps de m’aimer.

Et il me semble que c’est là que se trouve la clé. Dans l’épanouissement. Une femme belle est une femme qui s’assume pleinement. Une femme qui ne fait pas semblant. Qui ne se défend pas mais met en avant sa singularité. Que sa peau soit blanche comme la craie ou noir comme la nuit, qu’elle soit fine comme une tige ou ronde comme le soleil. Une femme qui s’aime sera aimée. Il est donc grand temps de faire son propre inventaire et d’apprécier à sa juste valeur ce qui nous rend uniques.

PARTAGER CET ARTICLE SUR LES RESEAUX SOCIAUX : 

PARTAGER CET ARTICLE SUR LES RESEAUX SOCIAUX : 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.